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Un autre point de vue intéressant est émis par Terence McKenna dans son ouvrage Food of the Gods. Selon lui, la connexion de l’esprit bicaméral dans les cultures anciennes et modernes fut provoquée, et l’est encore aujourd’hui, par l’ingestion de certaines substances végétales. Et toujours d’après lui, les plantes hallucinogènes sont utilisées par de nombreuses cultures afin d’ouvrir les portes d’accès au monde des dieux. Il va même plus loin en suggérant que la rigidité, la souffrance et la stérilité de notre vie moderne sont largement dues à notre perte d’accès à ce monde divin provoquée par la réglementation et le contrôle de ces substances qui, autrefois, étaient communément cultivées par les humains. McKenna affirme que l’usage de ces plantes facilita l’apparition de la conscience humaine chez les anciens primates. Ceci permit la stimulation du développement de la pensée et de l’esprit mystique, procurant à l’espèce humaine le pouvoir mental nécessaire pour remplacer les plantes par ses propres facultés et, ainsi, maîtriser l’expérience mystique ou divine, principalement par l’intermédiaire des lois établies par les religions. Jaynes et McKenna apportent une importante contribution à notre compréhension de l’histoire de la conscience. En vivant parmi certaines tribus, McKenna a effectué une étude de ces cultures qui, aujourd’hui, utilisent ces substances végétales afin de se mettre en rapport avec les esprits de leur monde et de leur parler. Quant à Jaynes, il a étudié, de façon très approfondie, les écrits des civilisations disparues et des peuples qui affirmèrent entendre les voix de leurs dieux dans leur tête. Indépendamment de la technique ou de la méthode choisie, ils sont tous les deux d’accord, comme d’autres spécialistes, pour affirmer que les peuples anciens, ainsi que les « primitifs » actuels, partagent la faculté de voir, de ressentir et d’entendre certaines choses alors que nous autres, Occidentaux contemporains, en sommes, généralement, incapables. Lorsque l’indien Shoshone recherchait sa nourriture, il écoutait ce que son environnement lui disait. Il écoutait la voix des plantes et des animaux et celle de la Terre elle-même. Elles lui indiquaient l’endroit où il pourrait trouver sa nourriture quotidienne, de même que les différents rituels appropriés pour remercier la Terre de son offrande. Notez la différence entre cette attitude et celle des rois européens moyenâgeux. Remarquez comment la mentalité dominatrice de cette époque a provoqué, ironiquement, l’avènement d’un pseudo « âge de l’information » ou, comme l’appellent les aborigènes australiens, « le grand oubli ».
p. 141 Nous vivons dans une société qui part du principe suivant : si quelqu’un possède une chose dont nous avons besoin et qu’il refuse de nous la donner, il n’est pas déraisonnable de nous en emparer en usant de toute la force nécessaire et même de le tuer. Dans certains cas, il est même de notre devoir d’agir ainsi. Le mot « devoir » peut sembler quelque peu outrancier, mais il fut souvent invoqué par le gouvernement américain pour exhorter les pionniers et les soldats à tuer les Indiens durant les premiers siècles de l’histoire de ce pays. Ce mot fut également invoqué par Hitler pour motiver ses soldats durant la Deuxième Guerre mondiale, particulièrement en accaparant les terres d’autres nations pour offrir « l’espace vital » nécessaire aux Allemands. De même, Jules César parla de devoir pour justifier l’extermination des Celtes, des druides et des Pictes, entre autres. Pol Pot invoqua également cette notion lorsque ses soldats Khmers rouges massacrèrent plus de deux millions de Cambodgiens. Et, durant l’administration de George Washington, plus de 80 % du budget fédéral des États-Unis fut consacré à l’effort de guerre contre les Indiens. La liste des justifications est longue au nom de Dieu, de la nation et de la famille ; au nom de maman et de son droit de faire des tartes aux pommes avec les pommes des voisins...! p. 148 Créé par une avidité frisant la maladie mentale, culturellement contagieux, mortel et servant de prétexte à ceux qui invoquent religions et cultures pour justifier leurs propres exactions, conquêtes et pillages, cet état d’esprit (indépendamment de la religion, du pays ou de la culture dont il fait partie) est le véritable responsable de la destruction de la Terre et de ses habitants. La Terre ne meurt pas par la faute de l’ensemble du genre humain. Cette mort programmée est la conséquence des histoires élaborées par une petite minorité dominant le monde d’aujourd’hui. Ces histoires, qui influencent nos vies depuis notre plus tendre enfance et constituent le prisme déformant à travers lequel nous considérons les autres et chaque chose de la création, y compris nos idées, représentent ce que nous appelons notre culture.
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